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Les éditos déjà publiés:
| Réactions |
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Le 19/03/2007 :
de Lise
Bonjour, je
trouve étrange que
vous réagissiez à l'article de
Police, autour de cette question " faut-il boycotter le Brésil?"
sans
signaler qu'il y répond immédiatement par la
négative, et conclut en
invitant à la dénonciation de ce qui se passe au
Brésil.
Cordialement.
Lise Bénézet
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Le 19/03/2007: du webmestre
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Boycotter le Brésil?, c'est la question un tantinet outrancière que pose Gérard Police, docteur en études brésiliennes, professeur à l'université de Cayenne et auteur de "Quilombos dos Palmares", un excellent ouvrage sur les quilombolas (noirs marrons du Brésil) paru chez Ibis Rouge en 2003. L'article dresse le terrible, et très réel, constat de la catastrophe sociale et morale que représente le Brésil. (lire l'article)
Si le constat est juste, on pourra lui reprocher d'oublier que le Brésil n'est pas une exception en Amérique du Sud: Colombie, Venezuela, Surinam, Guyana, Mexique... n'ont rien à envier à leur voisin lusophone en matière de compromission des élites, impunité généralisée, exploitation des pauvres, dérives meurtrières. C'est l'histoire de l'Amérique du Sud qui veut ça. Reste que seul le Brésil parvient à faire oublier parfois cette triste réalité aux plus naïfs (ou aux plus cyniques, après tout on ne voit que ce que que l'on veut bien voir...) par cette capacité à présenter une façade festive, colorée, séduisante, carnavalesque.
C'est vrai partout en Amérique du Sud: la bourgeoisie dominante est formée d'une élite accapareuse, construite sur l'appropriation éhontée des richesses minières et l'exploitation esclavagiste des pauvres. Mines d'or, de fer, de cuivre au Brésil, au Chili, au Pérou..., "maquiladoras" au Mexique, fazendas et haciendas au Brésil et en Argentine, pétrole au Venezuela; c'est un peu partout la même histoire.
Le système judiciaire profondément pourri n'est pas non plus l'apanage du Brésil. Pays très comparable, le Mexique offre l'exemple de gouverneurs et d'officiers de police trafiquants de drogue et/ou tueurs de femmes jouissant de la liberté et d'une protection objective de l'état.
Cela n'excuse en rien l'extrême dureté, et l'extrême violence physique et morale de la société brésilienne. Ceci dit, le Brésil est aussi un pays très créatif, qui a offert au monde quelques chefs d'oeuvre de littérature, d'architecture, de musique... C'est aussi un pays aux paysages magnifiques (même si on s'ingénie parfois à les massacrer). C'est aussi un pays ou les pires ordures côtoient des gens d'une grande générosité. C'est surtout, dans tous les cas, et Gérard Police est bien placé pour le savoir, un pays passionnant. Parfois -souvent- désespérant, mais passionnant.
Et puis... Boycotter le Brésil, ça ne veut pas dire grand chose quand on vit dans un pays qui lui est frontalier sur plusieurs centaines de kilomètres de frontière, et qu'une bonne partie de la population guyanaise est liée au Brésil, par ses origines ou par alliance. On n'efface pas d'un coup de crayon une réalité, aussi triste qu'elle soit, de 180 millions d'habitants. Boycotter, c'est quoi? Tourner le dos à un géant qui respire sur votre échine? Refuser d'aller manger au resto brésilien du quartier? S'interdire d'y aller en vacances ? Se remettre aux culottes Petit Bateau? Se baigner nu ou en bikini chinois? Ne plus dire bonjour à son voisin maçon? Ne boire que de la Kronembourg? Vomir la caïpirinha, et les sorbets d'açai ou de cupuaçu? Interdire Tom Jobim sur les ondes? Brûler les livres de Jorge Amado? Divorcer?
Ce qui est sûr, c'est que le Brésil n'est pas le paradis sur Terre, que c'est un pays souvent révoltant, pénible, invivable pour une très grande majorité de gens. Mais il en est ainsi d'une bonne moitié -au moins- de la planète.
Il a aussi le mérite, et en cette période électorale, ce n'est pas négligeable, de nous rappeler combien la France, avec tous ses défauts, offre un modèle social encore très enviable, et combien devraient être chers au coeur de nos concitoyens l'idée d'une société juste où chacun est respecté, et possède un minimum de filets de sécurité.
FX GERARD, webmaster
| Réactions |
| Le 22/12: De
Marylène
M. Si
le salaire minimum augmente trop, il y aura plus
de
chomage :ex:j ai un gardien qui est payé au minimun si il
passe
à 5OO réals ,les propriétaires les
prendront
à mi temps et au lieu de toucher 5OO il touchera 25O RS.
Sa
femme que l on prenait 4 h par jour pour le
ménage
,ne fera plus que 2h.etc;;;
Regardez
en France en donnant le R M I ce que
ca
à donné,on trouve plus personne pour travailler.
Il
faut faire très attention aux augmentations.
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| Le 22/12: Du webmaster Outre que l'augmentation d'un salaire indécemment bas paraît moralement nécessaire, on peut répondre de façon pragmatique que: - Le chômage est déjà très élevé au Brésil, et depuis longtemps, alors même que les salaires y étaient très bas. - Une sécurité à mi-temps au Brésil est un choix risqué. Les propriétaires se fendront du complément nécessaire par tranquillité d'esprit. - Une femme de ménage mieux formée et davantage motivée par un salaire supérieur travaillera plus vite et reviendra donc moins cher à son employeur. De son côté, elle pourra cumuler les prestations et gagner davantage. - Le travail à domicile est très souvent non-déclaré, le salaire minimum n'est qu'un rêve pour de nombreuses femmes de ménage... - Le respect du travail, c'est le respect de la personne qui l'effectue, et cela passe par une reconnaissance financière. |
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Le
réseau éducatif brésilien
doit
maintenant passer du "quantitatif" (97% de scolarisés,
quasiment
le maximum possible) au "qualitatif".
Je
pense que cela passe par une
fédéralisation, tant les niveaux de formation et
les
salaires (donc la motivation) des professeurs varient d'un
état
à l'autre.
Cela
dit, tout est relatif. 140 euros, même
dans un
pays où la vie est environ deux fois moins chère
(panel
de produits vitaux), cela fait peu pour vivre. On parle encore de
survie, plutôt que de vie à ce niveau...
A
noter par exemple que le prix des bus, en 15
ans, a
augmenté cinq fois plus vite que le salaire minimum... et
les
bus, ce n'est pas du luxe.
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Le 26/12: De Benjamin
Je ne connais pas de gens qui seraient contents, en France, de vivre d'un seul RMI sauf quelques rares asociaux que la société ne peut intégrer (ou même avec un SMIC). Suffit d'essayer un mois, pour voir, surtout en hiver. La différence chez nous entre demandes d'emplois et offres d'emplois étant un nombre positif supérieur à deux millions, le chômage n'est pas du à la fainéantise générale mais à une insuffisante offre d'emploi. En revanche des RMISTES frontaliers venant vivre relativement confortablement au Brésil et grognant contre le très relatif rapprochement des standards de vie qui les "appauvrit" (alors qu'en ne foutant rien ils ont l'équivalent de 3,5 salaires minimums brésiliens), j'en connais. L'argument "faut pas prendre trop d'argent aux riches parce qu'ils donnent des miettes aux pauvres", franchement, ça me semble éculé. Qu'on ne donne pas trop de revenu par trop lié à l'assistanat, d'accord. Mais le travail doit être payé à sa juste valeur. 400 RZ ça fait 13 RZ par jour, 26 s'il y a deux salaires. On mange à quatre, là dessus, en se payant quelques vêtements, du gaz, l'électricité? On se soigne? On parlait récemment du prix des transports... 25 RZ c'est souvent le prix d'une course de taxis maintenant, dans bien des villes, et un bus coûte souvent plus de 1 RZ. En outre il y a une donnée incontournable: le Brésil est un des pays parmi les plus inégalitaires au monde. Alors il est insupportable d'appeler à la "raison économique" dès lors que des gens survivent à peine quand ceux qui sont placés à l'autre bout de l'échelle se gavent de manière indécente. Quel parlementaire brésilien osera contester une hausse de quelques dizaines de réais pour les plus pauvres, quand il s'est voté 91% d'augmentation pour atteindre un niveau de rémunération supérieur à celui de ses homologues de France, pays riche, dans un pays où la vie est (encore) moins chère que chez nous? (parce que chez nous, une employée de maison, il ne la payera pas 500 RZ, ni même 500 euros!) Autre donnée purement économique: un travailleur pauvre ne spécule pas, ne pratique pas l'évasion fiscale: il consomme tout ce qu'il gagne, fait donc tourner à plein régime la machine économique. ce n'est pas de l'argent évaporé, mais mis en circulation. Les résidents dont parlent Marylène vont peut être payer chacun leur gardien 5 ou 6 réais de plus, mais si ce sont des salariés, l'augmentation de l'activité consolidera leur emploi, si ce sont des professions libérales ils gagneront un peu de clients supplémentaires. En outre, une floppée de salaires sont définis au Brésil en fonction du salaire minimum et augmentent peu ou prou comme lui. Nombre d'entre eux seront augmentés quasiment dans les mêmes proportions. |
Alors que les parlementaires brésiliens voulaient se voter une augmentation de presque 100% et en ont été empêchés par le Supérieur Tribunal fédéral, Lula, fraîchement réélu, donne un signe fort en ce début de second mandat. Alors que le maximum accepté par le gouvernement semblait être fixé à 375R$, il a entériné une augmentation du salaire minimum à 380R$, bien supérieure à l'inflation et à la hausse du PIB brésilien.
Cela représente donc un gain bien réel de pouvoir d'achat pour les classes populaires, qui ont réélu le barbu du Pernambouc par plus de 60% des voix au deuxième tour, malgré une intense campagne médiatique contre lui. Alors qu'on s'inquiétait de l'éventuelle faiblesse d'un président sans majorité au parlement et dont le parti d'origine s'est en partie discrédité, le voilà qui semble en mesure d'imposer certaines de ses vues.
Avec un treizième mois obligatoire, le salaire minimum brésilien dépasse donc désormais les 411R$ mensuels. Somme encore bien faible, pensera-t-on (autour de 150? aujourd'hui), mais qui pourrait bien déclencher un révolution au Brésil: le travail, enfin, ne sera plus un coût négligeable, voire résiduel, dans l'économie brésilienne. Le travail commence à être rémunéré de façon non pas correcte, mais économiquement importante, et l'on commence donc à sortir de la logique de servage qui primait jusqu'alors.
En effet, si le salaire minimum nous paraît bien faible, il l'est beaucoup moins comparé aux autres principaux pays émergents de la planète: En Chine ou en Russie on doit souvent se contenter de la moitié de cela, en Inde, un informaticien gagne péniblement le double. Ce qui signifie que pour rester compétitif, le Brésil ne pourra plus se permettre de négliger la formation des ses employés, même les plus modestes. Car aujourd'hui, même si le salaire est modeste, la productivité est souvent à l'avenant. Non pas qu'on ne force pas l'employé à travailler beaucoup, bien au contraire, mais d'une façon si mal organisée que souvent le résultat reste limité. On n'a souvent pas idée de ce qu'implique le manque de formation initiale, de connaissances de base, dans le travail, même le moins qualifié. Un employé d'espaces verts ou une femme de ménage qui n'a aucune notion de géométrie et d'appréhension de l'espace (notions essentielles qu'on apprend à l'école) repassera cinq fois au même endroit, incapable de découper l'espace de façon logique, ce qui représente une perte de temps, d'énergie, et de carburant (si l'on utilise des machines) considérable.
"Qu'importe!", pensait jusqu'ici l'employeur, public ou privé, tant que le travailleur ne coûte pas cher, il suffit d'en rajouter un autre pour compléter le travail. Mais à plus de 400R$ par mois, on commence à rechercher une certaine productivité, et donc des employés ayant reçu un minimum de formation. Voilà pourquoi les augmentations successives du salaire minimum prennent une importance considérable dans l'évolution des mentalités: si le travail devient un élément de valeur, il va falloir le rentabiliser, et donc, investir dans l'éducation, faute de quoi le Brésil perdra beaucoup de sa compétitivité sans parvenir à gagner en productivité. D'autant que l'augmentation du salaire minimum a un effet domino: il oblige les employeurs à augmenter également les salaires très proches de celui-ci.
On peut donc espérer, enfin, de vrais efforts sur le front délaissé de l'éducation, puisqu'il ne s'agira plus d'une question de principes (sur lesquels les élites sud-américaines, et pas seulement celles-ci, s'assoient généralement sans remords) mais d'une question de rentabilité. Le nerf de la guerre étant là, même le Nordestin qui n'a que ses bras à vendre coûtant -relativement- cher, il faudra bien éduquer et former.
Une menace pèse toutefois sur cet enchaînement idéal: le travail clandestin. Car le salaire minimum ne s'applique qu'aux travailleurs bénéficiant d'un contrat de travail (com carteira assinada), pas aux millions de brésiliens qui vivent de petits boulots ou d'une roulotte posée sur un trottoir. Si la proportion de travailleurs déclarés est en hausse régulière, la part des travailleurs sans cartes reste très importantes, notamment dans les régions les plus pauvres. Il suffit de voir les trottoirs du centre de Belém, où s'agitent un multitude de camelots ou les mineurs, bûcherons, vachers, maçons qui peuplent le Nord, le Nordeste et les périphéries des grandes villes, pour comprendre que le problème ne se réglera pas si vite.
FX GERARD, webmaster
Manif
contre la politique à Fortaleza
(08/2006)
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Les élections d'octobre au Brésil, quel que soit leur résultat n'auront pas le retentissement historique des précédentes éditions. Si celles des années 90 représentaient d'abord la fin du cauchemar de la dictature militaire et le difficile apprentissage de la responsabilité démocratique (épisode Collor, président "démissionné" pour corruption), puis la lutte contre le chaos économique (plan real du gouvernement Cardoso), celle de 2002 marquait les esprits par l'élection au plus haut grade de l'état d'un représentant issu du plus petit peuple du Brésil, du jamais vu dans le monde depuis Lech Walesa.
Cette année, les journalistes se lamentent: les électeurs n'ont plus d'enthousiasme pour Lula, éclaboussé par les scandales de financement de son parti, ni pour sa politique, orthodoxe à l'excès, insuffisamment sociale. Pourtant les sondages le donnent tous vainqueurs dès le premier tour, jusqu'aux derniers rebondissements qui ne manqueront pas jusqu'au jour du vote.
Le dimanche 1er octobre, les Brésiliens en âge de voter pourront (de 16 à 18 ans) ou devront (le vote est obligatoire après 18 ans) choisir leurs candidats aux postes de:
![]() Lula
|
![]() Geraldo
Alckmin
|
Vraiment pas simple pour l'électeur brésilien lambda de s'y retrouver, pour la plus grande joie des affairistes qui profitent des hésitations pour se faire élire, voire d'un numéro plus facile à retenir que les autres (chaque candidat a un numéro que l'électeur tapera sur le clavier de l'urne électronique). Pour les Brésiliens résidant en Guyane et ailleurs, le choix sera plus simple: ils ne pourront se prononcer que sur le choix du futur président de la république.
FX GERARD, webmaster
Carte
postale de Macapá, promenade
agrémentée de kiosques où il fait bon
boire un
verre le soir, le long du fleuve Amazone entre la forteresse et la
jetée Eliezer Levi, la Beiro
Rio est le point de rencontre
incontournable de tous les touristes en visite dans la capitale
amapaense.
L'agréable vent frais, la vue imprenable sur
le plus
puissant fleuve du monde (par son débit), l'ambiance
décontractée ne peuvent malheureusement pas
masquer le
revers de la médaille: le
Brésil est aussi un pays de pauvreté et
de violence
sociale.
Si l'on est partout au Brésil régulièrement sollicité par des vendeurs d'un peu tout et n'importe quoi, il est rare de l'être autant qu'à la Beira Rio, et surtout par des enfants aussi jeunes. Comment ne pas sursauter -j'y suis pourtant habitué- quand un enfant maigrichon dont la taille dépasse tout juste celle de la table où repose la cerveja bem geladinha vient vous proposer des cacahuètes, qu'il traîne péniblement dans un grand seau, à plus de dix heures le soir ? Quel âge peut-il avoir... il a l'air aussi jeune, voire plus jeune que ma fille de cinq ans. Les cernes sous les yeux sombres, la maigreur, la démarche traînante dénoncent sa fatigue.
Mais
il n'est pas seul, loin de là. Une petite dizaine
d'enfants font la même chose. Sa
petite soeur suit un grand frère, un nounours à
la main.
Un adolescents avec lequel je me rappelle avoir discuté
quelques
années auparavant, alors qu'il travaillait
déjà.
Et voilà la mère (?) qui suit les plus jeunes et
leur
explique comment il faut faire. Elle leur apprend le travail: slalomer
entre les touristes et les fêtards qui mangent, boivent et
discutent, les
regarder de ses petits
yeux maussades, se planter le plus près possible, rester
là un moment sans rien dire, remuer le couteau dans la plaie
de
la mauvaise conscience de ces gringos.
Alors
on comprend le business: les parents préparent les
cacahuètes et préfèrent envoyer les
enfants les
vendre, parce qu'ils sont plus nombreux, et que les enfants qui
travaillent, au pire
ça indiffère, au mieux ça
émeut le
touriste. Pétri de mauvaise conscience, le voilà
qui
tombe dans le panneau et qui achète. Les
cacahuètes
vendues par les enfants, ça rapporte plus.
Conclusion: la seule solution pour ne pas encourager cette exploitation des enfants, c'est de ne rien leur acheter, ni par pitié, ni par envie, ni par besoin. Il n'est pas de service rendu par les enfants qui ne puissent pas l'être par des adultes. L'ordre logique des choses, c'est que le travail des adultes nourrisse les enfants, et non l'inverse.
FX GERARD, webmaster
L'immigration est le grand thème du moment, au niveau national, et encore plus en Guyane. Alors que de tristes événements mettent en évidence les exactions de quelques uns, que nos élus locaux débattent et que les aigreurs se lâchent, quelques éléments de réflexion sur l'immigration brésilienne en Guyane, pour rester dans le sujet de ce site:
Les peurs guyanaises sont à la fois légitimes et compréhensibles: comment ne pas craindre un géant comme le Brésil? Pourtant la pire des réactions serait le repli sur soi, qui ne pourra pas durer et se traduira forcément par un échec, c'est le destin de toutes les lignes Maginot.
On ne peut aller contre le sens de l'histoire, et fantasmer sur une Guyane retournée à son splendide isolement est improductif. Il faut se préparer, exiger de l'Etat une vraie présence de ses services, non plus seulement symbolique, à la hauteur des enjeux et des ambitions qu'il devrait avoir pour la Guyane, et développer un projet de société séduisant, auquel les immigrés, d'où qu'ils viennent, pourront adhérer.
Voir aussi ci-dessous: Un pont sur l'Oyapock
FX GERARD, webmaster
Dimanche dernier la Globo diffusait dans son émission d'actualités vedette "Fantastico" un documentaire de très grande qualité: "Falcão, meninos do Tráfico". Les "Falcão" sont les enfants utilisés comme veilleurs dans les favelas pour alerter les trafiquants de l'arrivée des policiers.
Ce
documentaire
filmé de
l'intérieur, parfois par les enfants eux-mêmes,
contient de nombreuses scènes
bouleversantes. Un enfant
d'une dizaine
d'année, accro au crack, vivant dans un réduit
sordide,
explique d'une
voix infiniment triste que "quand il
mourra il se reposera, et qu'un autre prendra sa place".
Un autre, utilisé par un plus grand pour garder son arme
lors
des
descentes de police, déclare vouloir devenir
bandit quand il
sera
grand. Une mère
désespérée se désespère
que son fils de 3
ans connaisse déjà tous les prix des doses de
cocaïne,
de crack et d'herbe qui se vendent autour de lui. Des gamins de 6 ou 7 ans
jouent à
mettre en scène le trafic des
grands: ils simulent la vente
de crack dans les rues, les
réglements de
compte, et même l'exécution
hyper-réaliste d'un gamin accusé de
trahison.
Terrifiant.
| Réactions |
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Le 26/12, de Benjamin:
Je réagis avec retard (l'édito m'avait échappé) contre ces faux culs qui font semblant de découvrir ce que tout le monde sait fort bien depuis des décennies. A noter qu'à
une échelle réduite, le
phénomène se développe à la
frontière guyano-brésilienne avec des gosses qui
s'entretuent presque pour se réserver la
clientèle des
touristes sexuels venus par la route depuis Cayenne.
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Le réalisateur, MV Bill, un rappeur de Rio, indique que, de tous les gamins interrogés dans le film, un seul a survécu, car il a été arrêté par la police. Il a d'ailleurs été pris en charge par un cirque, car il rêvait dans le film de devenir clown. Un happy-end bien mince face à l'étendu du désastre d'une jeunesse sans espoir, que ce documentaire, loin de tout sensationalisme, montre avec justesse.
Les réactions dans les médias ont été très fortes, grâce au battage savamment organisé par la Globo. Tout le monde (artistes, politiques, universitaires...) y est allé de sa compassion et de sa petite larme. Il n'y a pourtant rien dans ce film qui ne soit connu depuis longtemps de tous les Brésiliens, et même des autres. Mais il est vrai que ce film réussit sans complaisance à nous faire prendre conscience du trou noir dans lequel s'enfonce une partie de la société brésilienne.
Il est fort probable que ce documentaire remarquable, dont une version plus longue devrait sortir en salles au Brésil, sera projeté en Europe et ailleurs, ne serait-ce que dans les festivals. A ne pas rater si c'est le cas, si votre moral n'est pas déjà trop bas ce jour-là.
FX GERARD, webmaster
Ces
temps-ci, les
Brésiliens n'ont guère bonne presse
en Guyane:
braquages, vols, orpaillage clandestin, attaques des
véhicules circulant sur la route de l'Est, et
même,
dernièrement, détournement et
détroussement des
passagers d'une pirogue reliant Oiapoque à Saint Georges,
expliquent une exaspération
logique des habitants de Guyane.
On entend donc remettre en question le projet de pont frontalier reliant les deux pays, tel Serge Adelson, maire de Macouria, hier soir sur ACG. La crainte est en effet grande de le voir se transformer, selon certains, en "autoroute" pour clandestins, annonçant la grande invasion d'une Guyane impuissante. C'est logique, mais c'est en même temps méconnaître un certain nombre d'éléments:
Si l'on peut légitimement s'interroger sur le fait que le projet de pont international sur l'Oyapock soit une priorité de développement pour la Guyane (il est vrai que bien d'autres infrastructures, peut-être plus urgentes, restent à réaliser), il n'est par contre sans doute pas judicieux d'en faire un épouvantail. Bien au contraire, sa réalisation, ainsi que la mise en place des services de contrôle qui l'accompagneront des deux côtés de la frontière, permettra une régulation des échanges dans cette zone, aujourd'hui livrée à l'anarchie.
FX GERARD, webmaster