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Courrier 0035
Récit de voyage en bateau sur l'Amazone, par un brasilonaute
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Cédric raconte son voyage en bateau sur l'Amazone: Macapá, Santarém, Manaus

Les bronzés sur l'Amazone

  • Voici l'histoire des excellentes vacances de Mathilde, Virginie et Cédric sur le plus grand fleuve du monde !
  • Vendredi 07 avril :
  • On arrive à Macapa vers 18H et les ennuis commencent : 
    • bateauLe change n'est pas ouvert et aucun distributeur ne fonctionne à l'aéroport. On se retrouve à 3 sans argent et l'aéroport est en dehors de la ville. [note du webmaster: aéroport en travaux, complètement dépassé] Par chance un homme sympathique nous propose de nous emmener en ville pour retirer dans une banque. On se méfie un peu mais on n'a pas le choix et on est 3. Il nous dépose en effet dans plusieurs banques avant que l'on puisse retirer : la Banco Do Brasil n'a pas fontionné avec une carte Visa mais HSBC oui. [note du webmaster: souvent au Banco do Brasil, un seul distributeur fonctionne avec les visa internationales;, Bradesco peut fonctionner aussi]
    • Puis il nous dépose dans un hôtel que nous avions choisi au hasard : c'est le Novo Mundo qui offre une chambre avec 3 lits simples, une clim, un frigo et le petit déj pour 65 reais (1 euro = 2,6 reais). 
    • Le soir on va sur le lieu où se retrouve toute la population au coucher du soleil, les quais et les restos de l'esplanade du Beira Rio. C'est cher mais les plats sont si grands qu'on n'arrive pas à les terminer. Peu de gens mangent en réalité dans cette série de bars-resto de bord d'amazone mais ils sont bien habillés et viennent boire des bières. 
  • Samedi 08 avril : On se met vite à la recherche d'une banque afin d'avoir suffisamment de liquide mais elles sont toutes fermées car elle n'ouvrent qu'à 11H au Brésil !!! [note du webmaster: c'est un samedi...
    • Nous en profitons pour visiter la maison des artisans, les magasins, la magnifique forteresse de Macapa, et les fabuleuses agence de voyage qui n'ont aucun renseignement à nous fournir sur les départs en bateau pour Manaus, d'autant plus que le port de Macapa se situe à 30 km de la ville. 
    • On retourne dans les banques ; et zut aujourd'hui c'est samedi et elles sont toutes fermées, il faut retirer au distributeur. 
    • Le repas du midi sera excellent sur la jetée en bord d'amazone, le Trapiche que nous recommandons. Après une dernière ballade, sous la pluie, nous partons en taxi pour le port de Santana (30 reais). 
    • Une fois à Santana on nous saute dessus pour que l'on choisisse telle compagnie plutôt qu'une autre et on aura la chance de tomber sur un super navire et de supers gens.
    •  On choisit la Cie Coramar et son grand Coramar II en bois qui partira à 18H. 
    • On nous annonce 36 H de trajet pour Santarém. Arrivés très avance, on parvient facilement à obtenir 2 cabines comprenant chacune 2 lits superposés, ventilateur et lumière dans 4 m². C'est 300 reais la cabine pour 2 mais pour que Mathilde soit seule dans la sienne on doit payer 250 reais après négociations. 
    • On attendait plus de monde sur le navire car on nous avait conseillé les cabines pour avoir plus de place que les hamacs les uns sur les autres mais au final nous avons même la place de mettre un hamac pour y lire la journée. 
    • Ce premier soir sera le début des fameux repas de tapouilles comprenant presque tous exclusivement durant 6 jours : couac, poulet, haricots, pâtes. Mes notions de portugais me permettent de discuter notamment avec un ancien travailleur clandestin en Guyane puis c'est enfin la séance cinéma en portugais. Il y a en effet deux TV et deux rangées de sièges au 1er étage et tout le monde se regroupe pour voir en DVD « les 4 Fantastiques ». Rassurez-vous, pas besoin de comprendre le brésilien pour comprendre le film.
    • Ensuite c'est la surprise du chef. On a bien choisi des cabines loin de la télé et du moteur mais c'est juste derrière la cabine du commandant qui a la très bonne idée, pour ne pas s'endormir, de mettre de la brega à fond et en plus, de chanter à tue-tête voire de discuter avec ses collègues. Bref, première nuit??????.blanche.
  • enfantsDimanche : premier « réveil » au milieu de l'Amazone. 
    • On nous « réveille » car il faut prendre le petit déjeuner avant 8 heures et oui la grasse mat' est interdite sur l'amazone. Le café da manha se limite à 2 gateaux salés et un café, il ne faut pas être vorace. 
    • Le hamac nous appelle afin de lire et de regarder les paysages : des villages amérindiens avec maisons sur pilotis sont rencontrés régulièrement et les enfants, parfois très jeunes (4 ans), parviennent près du navire en poussant des cris car ils réclament qu'on leur jette nourriture ou affaires
    • Je poursuis mon apprentissage du brésilien en discutant avec les gens, qui curieux, viennent vers nous et lancent souvent la conversation en parlant du foot et de la future coupe du monde. Les filles en profitent pour s'instruire en regardant à la télé « Predator » ou « Descent » en portugais. 
    • En début d'après midi, après le déjeuner pris à 11 H (pâtes, haricots, poulet, couac) on arrive dans le premier bled important : Almeiri. Les marchandises et les gens montent et descendent pendant que l'on s'extasie devant les dauphins d'eau douce. Je photographie tout ce qui bouge. 
    • L'amazone n'est pas encore large car en réalité on se trouve dans une branche du « delta » et nous passons entre les îles immenses proches les unes des autres. La profondeur n'est pas immense et l'on apprendra plus tard, qu'en saison sèche on y passe parfois en camion et non pas en bateau ! C'est un paysage de terres basses, de « pantanal » et on trouve des église sur pilotis. 
    • Le dîner est aussi avancé à 18H afin de pouvoir tranquillement regarder le film américain. La nuit sera meilleure que la précédente car j'ai osé demander au capitaine qu'il baisse la musique mais je ne suis pas sûr qu'il est bien apprécié ma requête. Peut-être que le tarif que l'on n'avait payé n'incluait pas le calme !
  • Lundi 10 avril : On continue de traverser les plaines inondées avec cette fois une profondeur record depuis 12 ans (3 m de hauteur en plus) à cause des fortes pluies, alors qu'à la même époque l'année précédente, on pouvait y passer en voiture (on a vu les images à la télé). 
    • soleilDes végétaux se prennent dans le moteur et c'est alors une réparation à la Mac Gyver. Et vas-y que je te plonge dans l'eau sans rien n'y voir, que j'arrache les herbes prises dans le moteur (éteint tout de même) et que je remonte comme si de rien n'était et comme un pirate. 
    • Au loin, enfin les premiers reliefs avec les 2 « montagnes » de Monte Alegre qui regorgent de peintures rupestres vieilles de 12 000 ans. Pas un moustique à l'horizon alors que la dengue fait des ravages en Guyane. On quitte enfin le delta et le pantanal pour l'immense fleuve amazone. 
    • Nous sommes en vue de Santarém où nous accostons vers 13H30 après avoir traversé une première fois le partage des eaux du Tapajos (eaux claires) et l'Amazone (eaux boueuses). Les « pirates » montent sur le bateau pour décharger, c'est la fin de la première partie du voyage et les adieux avec l'équipage.
    • Un taxi nous prend en charge, nous dépose à l'hôtel puis nous emmène passer l'après midi à Alter Do Chão, le fameux site de baignade aux eaux bleues et vertes. Ce qu'il a oublié de nous dire c'est que l'on est en saison des pluies et que les plages de sable sont sous l'eau ! Pour ne pas avoir fait une demi-heure de route pour rien, on fait un tour en barque sur le rio tapajos pour se baigner plus loin et voir des dauphins mais c'est raté pas un dauphin en vue. Il fallait peut-être payer aussi !. 50 reais pour deux heures bien bof (pour la barque).
    • Le soir c'est enfin le resto au kg en bord de mer à Santarém : c'est à recommander car très bon et pas cher.
  • eauxMardi 11 avril :Enfin une bonne nuit mais c'est la pluie qui s'en mêle. 
    • Il faudrait rester au moins une semaine à Santarém pour faire tout ce qu'il y a voir autour car les horaires des navires et les durées de voyage ne sont pas faciles. On décide alors de rester au moins deux jours sur place afin de profiter de l'atmosphère et de flâner dans les rues. L'après-midi ensoleillé c'est donc ballade, magasins et 2 musées (musée de Sao João qui est bof avec peu de choses à voir et le musée Dica Frizado plus sympa car c'est une vieille dame qui fait des vêtements en produits naturels pour des personnes du Monde (reine de Belgique, le Pape et Virginie?..).
  • A voir donc autour de Santarem :
    • -Alenquer: départ à 15H et arrivée à 17H30 pour 20 reais en lancha mais retour le matin à 6H (arrivée à 8H30). Il faut donc y aller sur plusieurs jours, d'autant plus qu'il faut rajouter 2 H de plus en voiture pour les chutes d'eau et les sculptures naturelles dénommées « cidade de deus ». [Note du webmaster: voir photos ici
    • -Alter Do Chão de septembre à novembre (voir plus haut)
    • -Monte Alegre et ses peintures rupestres : minimum deux jours et demi
    • -Fordlandia et son ancienne ville du caoutchouc : il faut 3 jours minimum avec départ le soir et arrivée sur place tôt le matin et idem au retour (30 reais le hamac et 150 la camarote)
  • Mercredi 12 avril : Nous négocions pour nous une suite et une camarote pour 600 reais sur l'« Espirito Santo » qui partira dans l'après-midi pour Manaus
    • pilotisAprès un énième retard le bateau part et traverse la rencontre entre les deux fleuves sans se mélanger pour rejoindre l'Amazone. C'est un navire beaucoup plus gros que les autres avec 3 ponts mais qui reste typique. En bas se trouvent la cuisine et le stockage des marchandises avec des hamacs, le premier étage est bondé de hamacs on se demande comment les gens peuvent circuler et dormir en étant collés les uns aux autres et le dernier étage c'est le pont avec beaucoup d'espace, un bar et deux chambres et une « suite ». La « suite » c'est donc une grande chambre incluant un lit deux places, des toilettes et un douche afin d'être autonomes. On nous promet même le calme et le fait d'être à part des autres.
    • Que nenni dès l'après-midi le bar ouvre, sort les méga enceintes et sort la télé où Banda Calypso et divers autres groupes vont se suivre sur le DVD de brega. Bien sûr notre chambre est à côté !
    • On vient nous chercher pour le dîner à 17H mais désormais il s'agit bien d'une usine car on fait la queue 30 mn pour manger par 10 autour d'une table. Les gens se servent sans faire attention à celui qui est à côté ou qui n'est pas servi, c'est chacun pour soi, je bouscule. Le record c'est moins de 1mn pour un monsieur qui a avalé son assiette de couac, pâtes, viande, haricots rouges.
    • Ensuite c'est la musique à fond jusqu'à minuit mais personne ne danse, on s'asseoit on boit des bières et on regarde le DVD !
  • Jeudi 13 avril : Dès 6H les gens discutent devant la cabine, vous empêchant par la même occasion de sortir et la musique démarre dans la chambre d'à côté. 
    • On a loupé le petit déjeuner car ils ne servent plus !!! On apprend que le bar, la pièce à côté de notre chambre, a été cambriolé (DVD, CD..) pendant la nuit et on n'a rien entendu ni vu. Tout le monde en parle à bord et chercher la cachette car les auteurs sont toujours à bord. Durant l'escale à Juruti les policiers attendent même les gens qui descendent pour vérifier leurs affaires.
    • Les paysages que nous traversons restent classiques avec des plaines inondées mais peu de villages amérindiens comme dans la première partie du voyage. Ensuite c'est une escale de deux heures à Parentins, capitale des artistes spécialistes du carnaval. 2 heures de trans-bordage de personnes (les gens vont être encore plus serrés à bord) et de marchandises notamment de DVD et CD qui à notre grand désarroi relance la musique à fond. Avec leur politesse habituelle les agents du navire nous demandent de descendre manger tout de suite et vite car sinon on ne mangera pas. Mais il est 18H'??On aime se sentir aimé, cajolé après avoir payé 600 reais !!!!
    • Nous aussi sommes capables de manger en moins de 5mn, non seulement par ce que les gens attendent derrière nous et nous le font comprendre mais en plus car la convivialité est tellement exubérante autour de cette table que cela nous donne envie de partir le plus rapidement possible.
  • Vendredi 14 avril : Nouveau réveil désagréable, cette fois les agents ne veulent pas que l'on loupe le petit déjeuner et frappent comme des brutes à la porte pour qu'on se lève à 6H du matin pour le café da manha. C'est à peine si on ne se fait pas engueuler, pour au final avoir droit à un café et un petit morceau de pain. C'est sûr que je n'aurai loupé çà pour rien au monde ! 
    • A 7H enfin un peu d'animation avec les gens qui montent sur le pont pour faire la messe pendant une heure et c'est la dame qui est si désagréable avec nous qui a le culot de parler de fraternité, d'amour et de compréhension d'après le message de Dieu !!!!!! Moi j'en profite enfin pour lier connaissance avec des gens intéressants et qui font des efforts, ce sont des artistes de Parentins.
    • D'abord on nous avait annoncé une arrivée à Manaus en soirée et au final ce serait en plein milieu de la nuit, ensuite comme cadeau de départ on a le droit de manger une soupe d'os !
    • Heureusement que cette dernière soirée sera la meilleure de cette seconde partie du voyage : pas de musique, des gens qui viennent nous voir jouer au tarot, les discussions en portugais et en espagnol jusqu'à très tard. On nous conseille de passer la nuit carrément sur le bateau pour éviter des problèmes en ville la nuit.
  • Samedi 15 avril : A 6H du matin on nous faire signe que tout le monde est descendu du bateau qu'il ne manque que nous, ben merci de nous avoir prévenu les gars. 
    • theatreC'est l'aurore et on partage un taxi pour aller à l'hôtel Ideal. La chambre à 3 lits est simple et propre mais sent la naphtaline, on a droit à une ristourne car on ne paie pas la nuit en cours et on a droit au petit déjeuner.
    • Là encore nous ne sommes pas au bout des surprises. Tandis que les filles se reposent je pars à la recherche d'une agence pour acheter les billets Manaus-Macapa. Je parviens tant bien que mal à trouver des tarifs intéressants mais le temps que je revienne de l'hôtel avec l'argent et hop plus de billets à ce tarif et plus de sièges libres. Heureusement les tarifs de la Cie TAM ont eux baissé [Note du webmaster: la concurrence de la Gol les y oblige, voir ci-dessous courrier 0033]  : Pour simplifier les billets d'avions au Brésil c'est pire que la bourse. 
    • Nous n'avons plus qu'une demi-journée pour voir Manaus. Nous n'avons pas le choix, nous allons voir pour une visite organisée de la ville : 3H30 minimum de ballade pour 135 reais par personne. Cela semble correct.
    • Au programme de la visite (incluant le taxi et le guide) : le fameux théâtre Amazonas, la maison de justice, la maison richement décorée d'un ancien homme d'affaire allemand montrant la richesse de la ville au début du siècle + le parc industriel (zone franche avec énormément d'entreprises japonaises), son centre culturel japonais, son immense centre social pour les ouvriers brésiliens et son museum d'histoire naturelle tenu et créé par des Japonais + une vue du fleuve du haut de la vieille ville ainsi qu'une ballade en barque sur la ligne de séparation des eaux du rio negro et de l'amazone + enfin le port et son marché municipal avant de terminer par une ballade à pied dans les ruelles de la ville.
    • Le soir on décide d'aller à pied sur le lieu dit de sortie des habitants de Manaus, place São Sebastião autour du théâtre Amazonas pour un tacaca (soupe mélangeant crevettes, farine de manioc et un genre de pissenlis) et une ambiance locale.
    • Une fois de plus nous sommes pris par le temps mais Manaus mérite plus de temps. A voir ou à faire:
    • -le musée de l'indien, de l'homme du nord
    • -le site où on nage naturellement avec les dauphins à 110 km au nord de Manaus
    • -les fêtes de fin de semaine au sambodromo et diverses fêtes populaires brésiliennes attirant jusqu'à 20 000 personnes
  • Dimanche 16 avril : Retour Manaus-Macapa-Belem-Cayenne en avion.

Conclusion

  • On pourrait croire que nous n'avons pas apprécié le voyage, au contraire, on aimerait y retourner très vite, notamment sur le Coramar II et rester une semaine à Santarém pour profiter de tout ce qu'il y a à découvrir. Ce fut un voyage très enrichissant, typique et dépaysant. Parler la langue s'avère très utile pour rendre le séjour plus agréable et les paysages sont superbes. Quand les vrais bronzés viendront-ils ici ?