Suite à la mort d'un orpailleur légal lors d'une tentative de braquage par des Brésiliens près de Saint Laurent du Maroni, Rodolfe Alexandre a vigoureusement réagi, avant de baisser d'un ton.
Dans un communiqué rendu public mercredi soir, Rodolfe Alexandre interpellait les autorités brésiliennes, les accusant de passivité, sinon de connivence, avec l'orpaillage clandestin en Guyane. Il indiquait avoir envoyé un courrier au gouverneur de l'Amapa, Camilo Capiberibe, pour faire une intervention devant l'Assemblée Législative locale de l'Amapa, où il comptait sensibiliser les élus locaux sur les méfaits des clandestins brésiliens en Guyane, ajoutant qu'il refuserait de participer à la prochaine réunion mixte transfrontalière.
Ana Lélia Beninca Beltrame , la consule du Brésil à Cayenne, est intervenue au journal de 13h de Guyane 1ère pour expliquer que le Brésil n'avait aucun intérêt à laisser se développer une activité clandestine, donc une perte de revenus fiscaux et de cotisations sociales.
Rodolfe Alexandre était interrogé ce soir, vendredi 11 novembre au journal du soir de Guyane 1ère, et, tout en nuançant ses propos, a maintenu sa demande, dans l'attente d'une réponse de Camilo Capiberibe.
On ne peut que s'interroger sur la réaction du président de Région: sur son moment, d'abord, dans la mesure où ce n'est pas la première fois qu'une affaire comme celle-ci se produit (et malheureusement probablement pas la dernière), et surtout sur la pertinence des mesures envisagées: pourquoi vouloir intervenir devant l'assemblée législative de l'Amapa, qui n'a aucune compétence en la matière ? Quel intérêt de ne pas siéger à la commission transfrontalière, dans la mesure où la région (qui n'est finalement qu'un petit tiers de la responsabilité exécutive en Guyane avec le conseil général et le préfet) n'y est pas un interlocuteur majeur et qu'au pire, cela l'empêchera de faire valoir son point de vue ?
Si on considère que le problème vient de la lenteur du parlement brésilien à ratifier la convention de lutte contre l'orpaillage clandestin, il serait alors plus judicieux de s'adresser aux députés et sénateurs fédéraux de l'Amapa, qui sont les premiers concernés.
Mise à jour du 14/11: un unique articulet est paru dans la colonne d'échos politiques du journal anti-Capiberibe A Gazeta, sous le titre "Tensions à la frontière" (voir image ci-contre, afficher pour agrandir). "La tension politique entre les autorités de l'Amapá et de la Guyane Française va monter à des degrés très èlevès lors de la rencontre de la commission transfrontalière. Le principal dirigeant de la Guyane Française, Rodolphe Alexandre (sic), a textuellement accusé l'Amapá de "fermer les yeux" sur l'exploitation illégal de l'or sur son territoire. Il a menacé de boycotter la rencontre, au cas où il ne pourrait évoquer ce problème avec le gouverneur de l'Amapá". On notera que ce n'est pas exactement ce que Rodolphe Alexandre a demandé.
Par ailleurs, dans un nouveau communiqué, le site de la Région indique que Rodolphe Alexandre a reçu une délégation de la Fedomg (Fédération des Opérateurs Miniers de Guyane), qui représente les opérateurs légaux. Il n'a été question que d'une démarche auprès des autorités françaises.
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