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Home Actualités brésiliennes Actualités générales 29/11: Orpaillage: Bala Rocha pas sur la même longueur d'onde que Christiane Taubira

29/11: Orpaillage: Bala Rocha pas sur la même longueur d'onde que Christiane Taubira

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Le député fédéral Bala Rocha (ph:dr)Comme souvent dans les rencontres internationales, les élus racontent à leurs électeurs ce qu'ils ont envie d'entendre, quitte à être parfaitement contradictoires... Difficile de faire la part des choses.

Deux communiqués de Christiane Taubira sur son site Internet ( et ) laissaient entendre qu'elle avait obtenu des avancées significatives de la part des élus brésiliens. Notamment l'abandon que les engagements français dans le développement économique soient un préalable à la ratification de l'accord bilatéral de lutte contre l'orpaillage clandestin par le parlement fédéral, Bala Rocha affirme très exactement le contraire dans un communiqué de son cabinet repris sur Correaneto.

On peut y lire que "percevant les blocages pour approuver isolément l'accord Franco-brésilien sur les zones d'orpaillage, la France a démontré un fort intérêt à appuyer les autres thèmes du secteur productif visant à revitaliser l'économie d'Oiapoque et pour générer des emplois et des revenus dans la région".

"Engagement des autorités françaises"

Le communiqué indique que Bala Rocha, rapporteur de l'accord à la chambre fédérale, a présenté divers documents où il demande à Dilma Roussef et au gouvernement français des investissements dans les secteurs de la pêche, du tourisme, du commerce, de l'assainissement, de l'énergie électrique, de l'internet haut débit et dans l'éducation technique et supérieure. Il y est précisé que, "apparemment, il existe un engagement des autorités françaises à appuyer ces alternatives économiques destinées à substituer l'économie de l'or".

"Au cas où les contreparties françaises seraient confirmées, l'accord pourra être voté l'année prochaine"

La suite confirme que les Brésiliens n'ont en rien reculé sur ce préalable économique puisqu'on peut lire: "Quant à l'accord sur l'orpaillage, le gouverneur Camilo Capiberibe devra fournir une étude technique pour appuyer les débats qui seront coordonnés par Bala Rocha lors d'audiences publiques à la Commission des Relations Extérieures de la Chambre des Députés, à l'Assemblée Législative de l'Amapá et à Oiapoque. Au cas où les contreparties françaises seraient confirmées, l'accord pourra être voté l'année prochaine, en prenant en considération la possibilité d'exclure le site d'orpaillage de Lourenço (au Brésil) de la zone concernée."

Piroguiers: 5 millions de R$ à la charge de la France

Et le député ne s'arrête pas là, puisqu'il revient sur les exigences de compensation des piroguiers d'Oiapoque: Bala Rocha a donc remis sur la table sa proposition d'un fonds social de compensation de 10 millions de R$ "pour les compensations des orpailleurs" (sic), dont la moitié devrait être payée par la France en vertu du principe que "les partenaires dans la construction du pont doivent aussi être partenaires dans la solution aux pertes des piroguiers".

Où l'on comprend donc que loin de reculer, le député fédéral Bala Rocha a formalisé, en plus des exigences préalables d'investissements économiques, sa demande de fonds de compensation aux piroguiers. Et si l'on remet tout cela en perspective, on comprend que les pertes de ces derniers seront bien plus dues à l'éventuelle fin de leurs activités de transport liées à l'orpaillage qu'à la seule concurrence du pont. L'élu utilise également les plaintes françaises pour aller dans le sens des intérêts des orpailleurs de Lourenço, à Calçoene, menaçant à demi-mot d'une invasion d'orpailleurs désoeuvrés tant la capitale de l'Amapá que la Guyane.

On est bien dans une forme de chantage de la part de cet élu, en pointe de la "bancada amapaense" sur ce dossier. On n'en attendait d'ailleurs pas moins d'un député au passé plutôt tortueux et très lié aux deux précédents gouverneurs de l'Amapa (Waldes Goes et Pedro Paulo Dias, tous du PDT), poursuivis pour détournement de fonds massifs.

En tout cas, c'est bien avec les élus fédéraux de l'Amapa que la partie se joue, beaucoup plus qu'à l'assemblée locale où quelques élus jouent à se faire plus importants qu'ils ne sont.

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Mise à jour le Dimanche, 11 Décembre 2011 19:46