A l'heure où nous nous énervons sur nos ordinateurs guyanais de l'invraisemblable lenteur des connexions fournies par notre opérateur national, on évoque outre-Oyapock la possiblité d'un partenariat entre l'opérateur brésilien Oi et son homologue français,
sous l'égide des deux gouvernements, afin de relier l'état d'Amapá au réseau guyanais. L'état d'Amapá est en effet l'un des deux seuls du Brésil, avec le Roraima, à être privé de connexions ADSL ("Banda Larga"), et à devoir donc se contenter de bons vieux modems (seul O,6% de la population aurait accès à l'ADSL selon une étude récente). L'opérateur Oi déploierait donc une fibre optique de Macapá jusqu'à Oiapoque, où elle serait connectée au réseau existant sur le littoral guyanais, et ainsi à l'internet par le câble sous-marin qui relie la Guyane au monde. On ne peut qu'être inquiet d'une telle perspective, alors même que le câble qui relie les réseaux guyanais et surinamiens à l'Americas 2 -câble principal qui dessert toute l'Amérique au large de nos côtes- est d'ores et déjà saturé. Qu'adviendra t-il alors avec un doublement de la population sur cette même infrastructure ? Il semblerait heureusement qu'une autre voie d'accès se construise en parallèle pour relier l'Amapá au reste du Brésil: La ligne à haute tension en construction qui reliera le réseau électrique amapaense à l'usine hydro-électrique de Tucuruí amènera également, à partir de 2014, un câble de fibre optique, reliant ainsi l'ensemble des Guyanes au Venezuela, au Roraima et à l'Amazonas (Manaus). La perspective est intéressante, puisque cela offrirait une seconde voie d'accès à l'internet mondial pour la Guyane, en plus de l'actuel câble, mais si la connexion de l'Amapá à la Guyane se fait trop longtemps avant celle de l'Amapá au reste du Brésil, on risque de souffrir...
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