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Home Actualités brésiliennes Actualités de l'Amapá 26/09: Amapa: 100.000 R$ d'argent de poche pour les députés

26/09: Amapa: 100.000 R$ d'argent de poche pour les députés

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L'assemblée législative locale de l'Amapa est bonne fille pour ses élusAussi généreux avec eux-mêmes que pingres avec leurs électeurs, les élus locaux de l'assemblée d'Amapa se sont octroyés les plus hauts frais autorisés du pays, et de très loin.

Etre un simple député de l'assemblée locale de l'Amapa (soit peu ou prou un simple conseiller régional, avec quelques attributions en plus), ça pourrait bien faire envie à tous les sénateurs-maires de Guyane, pourtant guère à plaindre. Sans parler d'un salaire déjà confortable, le comité directeur de l'assemblée amapaense, sous la direction du président Moises Souza, a décidé en juin dernier de s'attribuer un plafond autorisé de frais généraux dépassant toutes les limites connues au Brésil: 100.000 R$ mensuels, pour 24 élus. Le magazine national Epoca (groupe Globo), qui dénonce les faits cette semaine, indique que c'est davantage que les députés fédéraux, et presque trois fois plus élevé que les deuxièmes plus gourmands, les élus de l'Alagoas (39.000 R$) et ceux du Maranhão (38.000R$). Et tout cela sans qu'il soit nécessaire de fournir des preuves de dépenses.

Tout cela dans un état, rappelle le magazine, qui ne produit pratiquement rien, avec un PIB équivalent à 0,2% de celui du Brésil. Rien dans la loi ne semble pouvoir empêcher ce gaspillage. Rien non plus chez les électeurs de l'Amapa, qui ne se mobilisent guère contre ce projet, seul l'article de cette semaine de l'hebdomadaire du groupe Globo soulevant quelques commentaires localement.

On pourrait suggérer aux piroguiers d'Oiapoque, légitimement inquiets pour leur activité, de chercher là une abondante source de financement pour les compensations qu'ils réclament, car si l'on calcule, ça ne fait pas moins de 2,4 millions de R$ mensuels qui partent dans ces 24 poches, déjà bien garnies par ailleurs de confortables émoluments. C'est beau et émouvant la vocation politique de se mettre au service de ses concitoyens...

L'opération "Mains Propres" pourrait être remise en cause

Dans le même ordre d'idée, on apprenait récemment par la presse nationale brésilienne qu'une décision judiciaire annulant la validité d'écoutes policières mettant gravement en cause des membres de la famille Sarney dans le Maranhão (l'opération "boi barrica"), pourtant validées par un juge local, pourrait faire jurisprudence et entraîner la nullité des poursuites contre Waldes Goes, Pedro Paulo Dias et consorts dans les scandales financiers qui ont secoué l'Amapa l'année dernière. Déjà qu'ils ne risquaient pas grand chose de plus que les quelques semaines accomplies derrière les barreaux à Brasilia...

Décidément, la lutte contre la corruption semble toujours aussi hésitante au Brésil, le pouvoir judiciaire freinant des quatre fers les investigations de la Police Fédérale en la matière. Quant à l'opinion publique, elle reste bien timorée. Comme le signalait un chroniqueur de l'Amapa récemment "au Brésil, on voit des millions de personnes défiler pour les parades gays ou les démonstrations évangéliques, mais pas grand monde pour protester contre la corruption du monde politique".

Mise à jour le Dimanche, 02 Octobre 2011 14:16