Un reportage du site Terra.com remet à la Une le scandale des 100.000 R$ d'indemnités mensuelles que se sont votés les députés locaux de l'Amapa. Le député Paulo José se trouve d'ailleurs une justification surprenante.
Cette indemnité énorme, qui s'ajoute au salaire déjà confortable de députés locaux qui ne sont après tout qu'un peu plus que de simples conseillers régionaux, fait beaucoup de vagues au Brésil, et la justice locale cherche à la faire casser. En effet, l'Amapa est un des états de la fédération dont le PIB est le plus faible, et ces indemnités sont plus de trois fois supérieures aux deuxième plus mauvais élève (l'Alagoas), et six fois à celles des députés fédéraux. Le versement de l'indemnité est inconditionnel: inutile de fournir quelque justificatif que ce soit. Cette indemnité a été votée à l'unanimité des élus de l'assemblée amapaense, tous bords politiques confondus, ce qui en dit long sur leur niveau d'intégrité et leur crédibilité.
Paulo José: "Je voyage en Guyane tous les mois"
Parmi eux, un seul a accepté de répondre aux questions de Terra.com, le bien connu Paulo José, spécialiste autoproclamé des relations internationales de l'Amapa et inspirateur quasi officiel de certains de nos élus de Guyane. Et ses réponses sont pour le moins surprenantes: il considère que tous ses collègues sont à mettre en cause (sympa pour les autres), mais pas lui car ses très pompeuses attributions de "président de la Commission des Relations Extérieures et de la Défense de l'Amapa" justifieraient ses très grasses dépenses. Il indique ainsi qu'il est "le député qui a le plus voyagé, car le règlement de l'assemblée le lui recommande", qu'il est "allé en France, au Chili, aux Etats-Unis, à Cayenne tous les mois, à Oiapoque aussi". 100.000 R$ par mois (soit environ 40.000 Euros) pour aller à Cayenne depuis Macapa, voilà qui doit représenter de sacrées notes de frais ! Il ajoute, avec des justifications d'avocat, que tout cela est de toute façon parfaitement légal.
Il y a une expression au Brésil pour désigner ceux qui ne se démontent pas pour justifier leur pillage organisé: "os caras de pau", qui font "visage de bois", imperturbables quelques soient les évidences contre eux...
Voir la reprise de l'interview sur Correaneto
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